l’Academie
Franco-Allemande du Cinéma
L’Atelier / Masterclass:
2. Symposium :
Globalisation et diversité ou : Hollywood contre le reste du
monde?
02.-05. 04 2002
La fémis - Paris
Un séminaire
sur le ”film indépendant”
Avec Geoffrey Gilmore
(Directeur du Sundance Institute et directeur du Festival du Film de
Sundance)
(LOGO FEMIS / FILMAKADEMIE)
Geoffrey Gilmore
propose un ”Etat des Lieux” général du cinéma
américain en insistant particulièrement sur l’histoire
et l‘évolution de la création indépendante
américaine dans les quinze derniére années, dans
un contexte de plus en plus complexe et en permanente transformation.
02.04.2002: Introduction et tour d‘horizon
L’histoire
du ”film indépendant” et l’émergence
d’une ”nouvelle vague” du cinéma indépendant
américain dans les vingt dernières années. Quelques
questions clés, notamment les différentes définitions
de l’indépendance : Quel a été l‘age
d’or de la prduction indépendante? Comment s’est
elle développée et a t-elle été modifiée
par l‘apparition des studios privés?
19.00 h –” Mardi de la Fémis” : Panel–discussion
/ table ronde
(ouvert au public)
Geoffrey Gilmore,
Sundance Film Festival
Etats- unis/Europe : quelle place pour le cinéma indépendant?
Débat suivi
de la projection du film “You can count on me” de K. Lonergan
03.04.2002: Etude de cas d’un film indépendant
”You can count on me” von Kenneth Lonergan.
Développement,
production, vente, distribution et marketing.
04.04.2002: L’etat
des lieux du financement, de la production de la distribution et de
l’exploitation du ”cinéma indépendant”
Une étude
des sociétés de production indépendantes les plus
significatives, leurs différents objectfs et leurs stratégies
propres. Analyse de Miramax, Sony Classics, Fine Line, USA Films, Paramount
Classics, Fox Searchlight etc. Introduction sur le groupe des ”petits
distributeurs” comme Lot 47, IFC Films, Madstone, New Millenium,
Think Films etc.
05.04.2002: Présentation du Sundance Institute et du Sundance
Film Festival
Le Sundance Filmmaker’s
Lab, l‘International Program, leComposers Lab et le Sundance Film
Festival; Choix et programmation; Le positionnement face aux grands
festivals internationaux. Stratégies et idées pour les
créateurs. Vendre votre film? Publicité et médias.
Nous sommes aujourd’hui
confrontés à une situation, où Hollywood domine
le marché mondial ( à l‘exception de quelques pays).
De nombreuses industries cinématographiques nationales n’ont
pu résister à cette évolution et ont du disparaître.
La majorité des cinématographies d’ Europe de l’Ouest,
ne peuvent survivre que grace à d’importantes subventions
étatiques.
”Hollywood”,
entendant par là l’industrie dominée par les quelques
grands groupes dirigeant les studios, a réussi à faire
du ”film” un produit commercialisable dans le monde entier
en se basant sur une strategie d’unification des modes de récits,
de la normalisation des codes visuels et du star-system.
Cette évolution
vers une industrie du cinéma globalisée, est l’arrêt
de mort pour les diversités. Diversité des langues, des
lieux, des histoires, des coutumes et des traditions et bien entendu
des rêves et des visions. Ce cinéma là ne favorise
pas le respect et la compréhension entre les peuples et les cultures,
ne décrit pas la diversité de notre planète, mais
ignore le reste du monde et n’a de considérations que pour
lui même.
En outre, le systéme
des studios américains ne conduit pas seulement à une
standardisation mondiale du médium cinématographique et
à une sclérose du paysage audiovisuel en dehors des Etats-Unis
mais produit des effets similaires à l’intérieur
même du pays. La concentration du pouvoir économique dans
les mains d’Hollywood, laisse en effet à peine la possibilité
de produire des films en dehors du systéme des studios.
C’est face
à cette situation que Robert Redford créa en 1981 le Sundance
Institute dans l’Utah, regroupant autour de lui une poignée
d’intrépides complices. L’Institut a pour but de
proposer aux cinéastes une platte-forme, en dehors du système
des studios, où ils peuvent présenter et développer
leurs projets. Il s’adresse au ”Monde Indépendant
de la Création Cinématographique”, aux auteurs,
réalisateurs et producteurs, qui travaillent en dehors du système
des studios et qui souhaitent maintenir la diversité cinématographique.
Le Sundance Institute
est ouvert toute l’année. De son travail, est également
issu le Festival de Sundance, qui présente en janvier de chaque
année des films ”indépendents” produits aux
Etats Unis ainsi qu’un programme international, afin de stimuler
les échanges d’idées et de formes d’expression
entre les différentes nations.
Le Festival du Film
de Sundance est devenu l’un des plus importants au monde pour
le cinéma indépendant, faisant de ”Sundance”
un nom de ralliement, synonyme de liberté d’expression
dans le domaine cinématographique. Paradoxalement, il est aujourd’hui
aussi considéré, dans ce pays dominé par Hollywood,
comme le plus important festival des Etats Unis.
Robert Redford est
le” père spirituel de Sundance”, mais l’architecte
et l’organisateur de l’institut et du festival est Geoffrey
Gilmore, qui dirige les deux institutions depuis leur création.
Si l’on regarde
l‘évolution du cinéma européen et celui du
cinéma indépendant américain, on peut établir
un certain nombre de parallèles. Tous deux sont pour une diversité
des thémes et des formes d’expression. Tous deux voient
leur existence menacée par la domination d’Hollywood. La
situation aux Etats Unis est peut être encore plus difficile dans
la mesure où les producteurs, contrairement à l’Europe,
ne bénéficient pas de subventions publiques.
Partant de ce constat,
la cinématographie indépendante américaine devient
le partenaire naturel de l’industrie cinématographique
européenne, ainsi que de toutes les autres dans le monde. Seule
une collaboration plus intensive peut réussir à empêcher
la disparition de la diversité au cinéma.
L’idée
originelle de l‘Académie Franco-Allemande du Cinéma
est proche de celle de Robert Redford : Créer une platte-forme
afin d‘intensifier la coopération et favoriser la circulation
et les échanges de films entre les deux pays. Ceci en gardant
toujours en vue le respect de la création cinématographique
de l’autre.
Considérant
d’une part le ”Sundance Institute”, et à sa
tête Geoffrey Gilmore comme les représentants de la cinématographie
indépendante américaine et d’autre part, l’Atelier/Masterclass
de l’Académie Franco-Allemande du Cinéma comme l’une
des rares institutions à penser ”européen”
et à former dans ce sens, nous ne pouvons que souhaiter qu’un
partenariat à long terme s’instaure entre les deux institutions.
Peter Sehr
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