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2.)
LE SYSTEME D'AMOUR
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| A - L'amour et le système d'amour | ||
| B - La réciprocité | ||
| C
- La stabilité |
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| D - L'acceptation de l'autre | ||
| E - La continuité | ||
| G - L'amour vécu | ||
A
- L'amour et le système d'amour
L'amour
inconscient
Sara
:
On
ne croit pas en l'amour. On aime. C'est une chose automatique.
Je
définis "système" comme quelque chose de rationnel et l'amour est
toujours sans raison. Tu te rends compte d'aimer quelquechose, quelqu'un sans
savoir les mécanismes. Donc ce n'est pas un système.
"Système"
est une définition trop mécanique. "Automatique" en ce sens que
tu ne sais pas les raisons. Ces raisons... après quand tu te rends compte
d'aimer une chose. "Pourquoi? Comment peux-je faire?" Mais ça
arrive automatiquement.
Ce
n'est pas que cela arrive justement tout seul, ce sont les situtations qui
t'amènent à aimer. Mais ce n'est pas qu'un jour tu décides "aujourd'hui
j'ai décidé d'aimer cette chose, aujourd'hui j'ai décidé que je dois faire
cela". Tu t'y trouves pour une serie de choses à aimer un objet.
L'amour
conscient
Inge
:
Je
crois que c'est un sytème. Précisément parce que tout se déroule selon un
schéma particulier. Donc - d'après moi - on fait connaissance, on sort ensemble.
Puis on est ensembe, pour une période. Et puis une fois c'est peut-être aussi
fini. Et cela tout seul est déjà une systématique.
Peut-être
peut-on aussi désigner seulement la relation comme système.
Donc,
on dit en général que l'amour - comme c'est un sentiment - n'est pas à juger
rationnellement. Donc on dirait au fond que ce n'est pas un système. Mais
la relation est le sytème.
On
peut seulement le considérer comme un système quand c'est fini. Sinon c'est...
sinon c'est peut-être seulement un processus partiel du système. Mais quand
c'est fini on peut vraiment le juger ainsi.
...mais
on se fait toujours son cinéma... [...] Donc quand je suis avec quelqu'un...
Si l'on est avec quelqu'un et on ne se comprend plus autant, on réfléchit
si l'on devait pas finir avec cette situation. Et c'est ça.
Dans
la tête, on a cette pensée sytématique. Alors quand on pense logiquement,
aussi quand on pense illogiquement, on arrive une fois au point, où cela devient
de nouveau logique. Ainsi, ainsi je pense.
Le
système évité
Roberta
:
Oui,
c'est un système. Un système amoureux existe et il existe ... une façon d'aimer
qui est reconnue et qui est acceptée. Mais je ne la vis pas. En ce sens qu'elle
existe... parfois il m'arrive de dire que ce système amoureux classique est
alors une relation avec un homme. Mais cela ne fonctionne pas pour moi. Dans
la mesure où après un déclenchement de quelquechose d'autre... de toute façon
s'il n'y a pas une autre chose, il n'existe pas pour moi. Ce système amoureux
est pour moi superficiel. De même, précisément, un système basé sur des rôles,
sur des choses à faire pour moi n'existe pas.
Le
fonctionnemnt obscur
Roberta
:
Ca
fonctionne casuellement. Il y a des personnes... Moi, je rencontre des personnes
qui sont intelligentes, sympathiques, aimables et qui ne m'intéressent pas.
Mais à quel point! Et puis il y a des personnes avec lesquelles moi je n'ai
hélas pas parlé encore une fois. Mais je sens que... Hélas, je me trompe moi-aussi,
il m'arrive de me tromper... mais je sens qu'il y a quelque chose.
Je
pense qu'il y a une curiosité à la base. Les mécanismes mêmes m'échappent.
Il y a une curiosité pour les gens. Et si une personne... la personne que
moi je rencontre me fait penser que nous pourrions créer ensemble. Mais non
pas dans un mode utilitaire. Mais combien de choses nous pourrions nous dire.
En moi naît une grande curiosité pour les choses que nous pourrions échanger,
pour les choses que l'on pourrait découvrir.
Le
bien et le mal, une logique d'exister
Roberta
:
Je
ne pense pas que le mal peut être un jour bien et puis mal. Je ne sais [...]
Moi, je crois au bien-être et au mal-être. Je pense que la chose la plus importante
est la chose de faire être bien et la chose de faire être mal. La chose qui
fait être bien les autres et qui fait être mal les autres. Plus cela que le
bien et le mal dans l'absolu. Je pense que de faire il maximum pour faire
être bien les autres peut faire être bien toi. Car si tu vis entouré des gens
qui vivent bien toi-aussi peux être forcément l'exemple qui garantit ce bien-être.
Donc quand les autres vont bien, un peu tu vas bien, toi-aussi. Et de même
pour si tu vas bien et peut-être un peu ton bien peut passer aux autres. Non
pas le bien et le mal dans l'absolu. [pause] Je ne tuerai jamais personne.
Cela est mal. Mais je pourrais tuer quelqu'un qui m'a fait mal à moi ou à
quelqu'un que j'aime, tranquillement...
"Nota
etiam quod amans nihil sapidum ab amante consequitus nisi ex illius voluntate
procedat."[7]
Andreas Capellanus
L'amour
tout seul
Roberta
:
On
peut aussi vivre enfermé dans une chambre ou ne pas être vu par personne ;
mais, d'après moi, à un certain point tu écrirais à quelqu'un ou envoyerais
[...] une cassette enregistrée ou enverrais des photos, [...] ou créerais
un référent, quelqu'un à qui parler...[...] Une personne ne peut aussi aimer
personne, mais être un objet d'amour. Pour cela il y a des périodes dans lesquelles
tu ne fais pas attention aux autres, mais tu reçois et, hélas, il y a des
périodes dans lesquelles tu ne reçois pas, mais donnes, et cela est l'équilibre.
La
réciprocité désintéressée
Roberta
:
Je
pense que l'amour existe de toute façon. Indépendemment de l'équilibre. Car
tu, de toute façon, quand tu aimes quelqu'un [...] tu ne t'attends pas de
recevoir. Tu donnes parce que tu as besoin de donner et quand puis hélas,
après un peu, tu ne reçois rien, au point que moi, je n'ai rien de cela. Et
alors hélas tu romps de donner, on ne veut plus donner quelquechose quand
il n'y a rien de retour, mais il est possible que tu fixes ton attention sur
quelqu'un d'autre ou une autre chose ou aussi, tu dis "pas maintenant",
ça suffit, tu ne veux plus rien pour un moment. Mais puis... je ne sais pas
si ça c'est dans l'absolu comme ça. Pour moi c'est comme ça.
Mais
d'après moi il n'y a pas de contradiction. Car tu peux aimer quelqu'un qui
ne t'aimes pas. Mais quelqu'un t'aimera de toute façon parce qu'il peut arriver
que tu rencontres quelqu'un auquel tu fais attention ou donne de l'amour,
qui ne t'aime pas. Mais de toute façon tu peux dire que ça n'a pas fonctionné
avec toi. Mais je suis sûre qu'il y a quelqu'un d'autre qui éprouve pour toi
des choses. Difficile qu'un homme ne soit aimé de personne.
Le
fatalisme
Roberta
:
Moi,
je pense que... il y a la chance, en ce sens du hasard des moments de la vie.
Tu peux avoir beaucoup de chance et peux aimer quelqu'un et lui t'aime. Tu
peux avoir moins de chance et - parfois les mêmes deux personnes qui pourraient
s'aimer, se rencontrent au mauvais moment et ne s'aiment pas ou ne réussissent
à se trouver. Et puis il suffit simplement qu'ils se rencontrent deux mois
plus tard et cette fois ça marche, il y a beaucoup de... Moi, je suis assez
fataliste en ce sens que je pense qu'il y a des vies liées. Des vies liées
sans que nous avions connaissance de cela. Mais je crois beaucoup en la possibilité
de la compréhension, alors, de la pénétration - au sens large - entre deux
personnes et cela peut... si tu as de la chance, tu peux te rendre compte
pour qui et tu vois une personne qui te dis... moi je sais que tu pourrais...
aimer
plus ou moins
Sara
:
Aussi
quand deux personnes s'aiment, l'amour peut être différent, fondé sur autre
chose et il se peut aussi que quelqu'un aime plus...
Mais
aimer plus une personne peut signifier d'avoir peut-être plus de dépendance.
Genre, qui est jaloux aime plus. En ce sens "plus". Car il a peur,
alors il aime "plus". Mais en réalité c'est une façon différente
de vivre l'amour.
Automatiquement
si tu aimes, tu décide que cette personne t'aime. Tu peux aussi continuer
d'aimer cette personne sans être aimé. Mais sûrement tu veux un changement.
L'amour
univoque : entre coup de foudre et chocolat
Inge
:
Si
une personne aime l'autre et l'autre pas... c'est au fond un amour faux. Alors
je veux dire que quelque chose ne marche pas auprès de la personne qui aime.
Mais cela arrive souvent.
Comme
je l'ai défini pour moi, l'amour du coup de foudre n'est pas possible et cela
n'est qu'une exaltation.
Oui,
maintenant je suis vraiment en train de douter. Il peut être réciproque. Mais
il y a aussi l'amour qui est univoque. Alors là il s'agit vraiment de... Quand
je dis par exemple : "J'aime le chocolat."
C'est-à-dire,
si l'on parle de "dépendance réciproque"... Je suis dépendant du
chocolat, mais le chocolat malheureusement pas de moi. Non, alors dieux merci
[rire]... Oui, alors [l'amour] doit être réciproque, je crois.
entre
nature morte et vivante
Sara
:
L'amour
pour la peinture n'était pas un coup de foudre. Dans ma vie ça a été un crescendo.
J'ai toujours peint, dessiné depuis que j'étais petite. Ca m'est entré justement
dans la peau. Donc c'est un sentiment continuel comme cela peut bien être
la mère. [...] le coup de foudre, d'après moi c'est dans l'air. Au moins moi,
quand j'ai des coups de foudre je pense qu'il y a un sorte d'aura autour des
personnes et parfois l'odeur, même si nous nous en rendons pas tout de suite
compte, c'est cela.
Le
sentiment entre un coup de foudre et la peinture peut être à la limite pareil
au début. Mais si moi j'ai un coup de foudre, cette personne me plaît, je
cherche à la connaître, je cherche à me rapprocher et alors j'entre tout de
suit dans un mécanisme du rapport. Donc ce n'est plus un objet inanimé. Tant
qu'il reste l'homme du mistère, oui.
Mais
déjà le fait que moi, je rencontre un homme est de toute façon une présence
physique.
nous
sommes seulement nous
Roberta
:
L'amour
est la chose qui a toujours comme centre le Moi de ma, de ta personne.
Inge
:
On
l'éprouve toujours seul, je trouve. Mais c'est de nouveau la question, ce
qu'on donne à l'autre ou peut donner. Si une action ou n'importe quelle chose
provient de ce sentiment, ce que l'on fait pour l'autre ou ce que l'on fait
ensemble, ce que l'on entreprend. L'amour est un sentiment. [...] Donc j'éprouve
de l'amour et l'autre éprouve aussi de l'amour dans le cas idéal.
Sara
:
Tout
part de toi. En ce sens que moi j'éprouve de l'amour pour une personne, pour
un objet. Moi, je l'éprouve. Mais c'est précisément le sentiment qui est différent
et la façon.
Donc
au début il y a une sphère. Mais tu t'exposes. Pour moi c'est impossible de
ne pas s'exposer. En ce sens que les sentiments sont à l'intérieur. Mais puis
tu vis dans le monde. [...] Donc au début peut-être tu as une sphère, puis
la sphère descend en bas dans le monde.
"Dum
nouus errat amor, uires sibi colligat usu;
Si
bene nutrieris, tempore firmus erit."[8]
Ovide
La
structure
Sara
:
Il
se peut la situation que l'amour soit aussi une structure. L'amour pour les
hommes est toujours confus en somme. Ce n'est jamais une structure, ce n'est
jamais un équilibre. L'amour pour la mère oui. La famille te crée une stabilité,
une structure. L'amour pour la peinture pour rien parce qu'il t'enlève...
c'est comme si quelqu'un t'enlève toujours le terrain sous les pieds. C'est
ainsi aussi un peu pour les hommes. Hélas...
"Je
peins." Cela est une certitude. Mais beaucoup de fois, ça te met en difficulté.
Ce n'est pas facile de peindre. Cela ne te procure pas toujours le bonheur.
Beaucoup de fois tu angoisses, tu te pose toujours des questions. "Qu'est-ce
que je suis en train de faire? Pourquoi le fais-je? Quel est le sens? Donc
cela te donne d'une part une sécurité parce que tu le fais. Cela est l'unique
chose sûre. Moi, je le fais.
La
richesse par le don
Roberta
:
Je
n'ai pas d'idéal. [...] Je pense que si moi je fais du bien à quelqu'un, le
seul fait de faire du bien sans aucun motif peut me faire devenir plus riche.
Sans rechercher rien. La chose est que souvent tu fais quelque chose pour
quelqu'un parce que, simplement, il t'est sympathique, parce que tu as senti
qu'il y avait quelquechose à faire, parce que ça allais pour toi. Les autres
te disent "pourquoi ceci?". Il m'arrive souvent de faire des choses
sans motif, de... pas très instinctivement... de dire puis-je aider, puis-je
faire quelquechose qui est dans ma force. Si c'est dans mes forces, je le
fais sans me demander pourquoi sans dire pourquoi dois-je faire cela maintenant.
Moi,
je pense, je crois en l'énergie. Moi, je pense que... nous pouvons être très
forts, nous avons une grande énergie si nous aimons, un miracle justement.
D
- L'acceptation de l'autre :
La
connaissance et la compréhension
Inge
:
Il
m'arrive souvent que je trouve quelqu'un mieux qu'il l'est au fond. Alors
puis, à un moment, je découvre pour moi des défauts chez lui, que les autres
ne voient pas du tout probablement. Mais cela me fait un peu... hmmm... alors
puis l'illusion est partie. Et cela influence donc aussi mon comportement.
Dans
ce cas, je deviens plus distante peut-être. Donc si ça ne me va maintenant
plus du tout, donc je ne crois pas que je veux maintenir une telle relation.
Mais...
Il
est important de savoir dans quelle mesure on peut l'accepter. Dans quelle
mesure on peut accepter des défauts ou des faiblesses. Que sais-je? Mais
cela n'importe pas du tout au fond. Donc si l'on s'entend bien, on peut le
négliger.
Ce
sont alors des règles... donc "que l'on s'entend bien", ce que l'on
peut faire ensemble et que les deux ferait la même chose... et ou alors...
Alors...
je ne peux pas l'expliquer non plus... Tu dois pouvoir t'adapter à l'autre.
Sinon tu ne l'aimerais probablement pas. Donc si tu ne veux pas le comprendre...
Alors si tu n'accepterais pas son ordre ou sa structure, ça ne serait pas
d'amour. [...] Alors l'idéal serait que quelqu'un me connaissaît si bien qu'il
aime vraiment tout de moi, l'accepte, le tolère et s'y attend, me comprenne,
me - pour ainsi dire - lise les souhaits dans mes yeux.
la
foi
Sara
:
Justement,
je crois en les personnes, je peux croire à l'esprit de l'amour.
la
rencontre
Roberta
:
Les
autres personnes existent si moi je veux les faire exister. Mais si c'est
- comme moi je le pense - la seule façon que les autres personnes existent,
c'est fondamental qu'elles existent. Et une personne existe si tu lui dédie
du temps. La personne existe si tu as le désir de savoir ce qu'elle pense
en ce moment. C'est comme ça. Pour moi c'est comme ça. Une personne existe,
genre, et peut te donner et te faire cadeau des choses seulement si tu donnes
la possibilité de te les offrir. Et puis pratiquement naturellement trouver
le temps pour voir quelqu'un pour le rencontrer. Sans te prendre trop de la
vie.
Moi,
je pense aussi quand je travaille au théâtre que la base est de trouver la
façon d'arriver aux autres. Et si je trouve cette voie... je suis plus forte
et plus... c'est plus facile de tout faire.
La
continuité permet l'acceptation
Inge
:
Régularité
veut dire qu'on vit ensemble, qu'on - si l'on est ensemble - sait exactement,
ou environ, comment l'autre se comporte. Cela est déjà la régularité. Donc
il doit y avoir de la régularité. Si quelqu'un dans le laps de deux minutes
a trois éruptions de fureur, sans qu'on s'y attend, ou respectivement auxquelles
je ne comprends rien, dans ce cas-là je ne crois pas que je peux supporter
cette personne longtemps autours de moi [...] parce que je ne la comprends
pas et ne peux l'aimer pour cela.
L'amour
de l'enfant pour la mère, ou vice versa, là est de l'histoire... Donc on essai
d'accepter quelqu'un totalement, de le tolérer et de le comprendre et tout
qui est arrivé au passé, entre dans ce savoir, comment quelqu'un pourrait
se comporter. Je trouve cela formidable. Et c'est le point où échouent les
relations, qu'une personne ne peut s'adapter à l'autre qu'une personne ne
sait rien de l'autre. Alors il doit y avoir de la régularité et un savoir
pour qu'on puisse voir comment réagit l'autre, comment il se comporte.
L'éternel
présent
Sara
:
[L'amour]
quand c'est. C'est éternel. Mais dans un laps de temps. Car moi je suis un
peu sceptique parce que j'ai vu... je suis d'une famille sans père. Donc je
n'ai pas eu l'exemple du père, de la mère. Et puis j'ai été amoureuse, très
amoureuse, et puis je n'étais plus amoureuse. Je croyais tellement être amoureuse
pour toujours, par contre un jour je n'aimais plus. Donc voilà la chose qui
change. En fait, l'amour pour un homme, tu dois le vivre sur le moment. Sans
projeter l'avenir... en somme, comme ça vient... et puis tu peux aimer tant.
Si
tu aimes beaucoup une personne du voudrais automatiquement contruire un système
familial. Mais ça n'arrive pas dans la plupart des cas. Hélas, ça n'arrive
pas! Je ne sais pas, moi je me fonde sur mes expériences. Donc j'ai aimé
plein de fois des hommes, ainsi dit des faux hommes, en ce sens que je savais
qu'il n'était pas possible pour une situation familiale. Mais cela ne m'interdit
pas de l'aimer. Donc le sentiment est complétement différent. Tous les deux
s'appellent "amour". Mais ils font parti... de deux univers différents.
L'éternité
présente
Sara
:
Au
niveau de l'amitié : c'est pour moi que tu puisses compter sur l'autre. En
ce sens que de toute façon j'ai des amies pour toujours, disons aussi si je
ne divise pas toutes les expériences avec elles. Mais c'est un rapport, une
sincérité qui est toujours la-même. Puis il y a les amis plus proches. Une
personne que j'entends tous les jours, une chère amie. Nous voyageons ensemble.
Alors elle est celle, que je préfère disons. C'est difficile, cependant, pour
les hommes parce que j'ai eu une histoire très longue avec une personne [...]
et avec celle-là il est arrivé d'être devenu trop amis. Cela a ruiné l'amour.
Alors pour cela je te dis que pour moi il y a une grande différence. Car je
suis devenu trop ami avec un homme. Autant que je ne l'aimais plus. Maintenant
je me fonde sur mon expérience.
"Sed
cur fallaris, cum sit noua grata uoluptas,
Et
capiant animos plus aliena suis?"[9]
Ovide
L'amour
faux
Inge
:
Alors
l'amour a avoir aussi pour moi avec une vision et alors vraiment déjà avec
un embrumement au fond. Je ne crois pas à l'amour vrai.
Si
tu fais la plus ample connaissance de quelqu'un et tu vois aussi ses défauts
et tu les acceptes, respectivement aussi tolère puis... je crois, c'est le
point où l'on peut dire maintenant je l'aime vraiment. Maintenant je peux
ne pas y faire attention. Cela ne me dérange pas. Et si quelqu'un d'autre
le fait cela me dérange énormément. Mais ça c'est aussi ce fantasmagorisme.
Alors cette illusionisation, dis-je.
Alors
qu'on voit quelqu'un au travers des lunettes pourpres avec des petits nuages
bleus clairs.
C'est
de l'amour si l'on se crée une telle illusion. Non, c'est de l'amour si l'on
ne voit pas toutes ces choses. Alors n'y fait pas attention...
L'inconnu
Sara
:
Il
doit y avoir toujours une impulsion quelque chose que tu ne connais pas auprès
de l'autres personne.
L'amour
c'est l'incommunicabilité. Si j'aime une chose, une personne je ne me demande
plus rien. En ce sens que quand j'essaie de rationnaliser, je ne trouve pas
les justes motivations d'aimer une chose donnée, une personne donnée. Moi,
je me demande trop pourquoi je l'aime. Je ne trouve pas de motif concret et
toute la serie de choses. Donc puis je ne réussis pas à le comprendre. C'est
un sentiment que pourtant tu n'expliques pas avec des mots. Et parfois je
ne réussis pas à le vivre. Aussi si ce rapport est entre deux personnes on
ne réussit pas toujours à le communiquer, je ne dis pas des mots "agréables",
donc je retourne au discours que l'amour c'est toi, mais c'est tout... D'après
moi, on se contredit trop quand on parle de l'amour. Et puis effectivement
c'est un peu comme ça, en tout. Des Grandes illusions m'ont fait être un peu
comme ça "rester à parler seule".
L'illusion
et la curiosité
Sara
:
L'illusion
n'a pas de base concrète, elle est artificielle. La projectoin fait partie
de toi donc il y a une volonté de voir quelque chose dans l'autre personne.
Tu
as besoin de t'attacher aux choses non? En fait, tous à 14, 15, 20 ans nous
tombons amoureux de quelque chose. Nous nous créons des mythes. Mais puis
ça passe... Il m'est arriver de tomber amoureuse d'un acteur, d'un musicien
que je ne connais pas... Je n'arrive pas à imaginer une rencontre réelle,
un rapport réel. Je peux aimer un musicien, entendre sa musique, aller à ses
concerts, mais je n'ai pas besoin d'aller plus loin. [...] En ce sens que
tu as besoin de rêver un peu. Ce genre d'amour est comparable à la foi religieuse.
Quant à une personne réelle, non. Car c'est justement réel, il y a un rapport,
un échange aussi quand il s'agit d'un coup de foudre.
Roberta
:
Marco,
moi je le connais depuis longtemps et je le connais. Pourtant je l'aime. Aussi
si je le connais.
D'après
moi, le problème est que toi tu aimes, tu aimes parce que tu as besoin de...
parce qu'il y a quelquechose en toi qui te pousse à être curieux. Oui, peut-être
est... "aimer" est "être curieux".
"L'amour
supprime la réflexion grâce à l'absence totale d'objet, il enlève à l'opposé
tout caractère d'être étranger; et la vie se trouve elle-même exempte de toute
carence. Dans l'amour, le séparé se maintient, mais non plus comme séparé
: comme unité; et le vivant sent le vivant."[10]
G.W.F. Hegel
L'identité
Roberta
:
Les
personnages existent seulement parce qu'il y a le public. Si c'est un personnage
qui n'a pas de public, il n'existe pas.
Je
pense que nous ne sommes rien. Moi, je ne crois pas à l'identité. Absolument.
Moi, je pense que nous nous la créons un jour après l'autre selon ce qu'il
y a autour. Et alors, c'est justement pour cela. Les isolés seuls ne sont
rien parce que c'est comme si une plante est enfermée dans un endroit obscur,
elle meurt. Elle ne peut pas vivre. Elle a besoin d'être dehors de prendre
de la lumière et...
Moi,
je me sens et bien peu. Il y a des moments auxquels toi tu ne te sens toi
non plus. Comment est-ce que tu peux sentir les autres? C'est très difficile.
La
mort
Inge
:
Je
crois que chacun voudrait être aimé. Mais je crois... alors pour moi c'est
important d'aimer quelqu'un. [...] Comme l'amour peut être aussi univoque,
respectivement comme... une relation peut être interrompue par la mort d'une
personne ou par le départ d'une personne et l'amour serait, à ce moment-là,
seulement univoque...
L'amour
palpable
Inge
:
C'est
un sentiment. Mais c'est aussi - -alors maintenant je parle uniquement pour
moi - mais c'est aussi cette chose palpable au fond, cette notion avec laquelle
on désigne quelque chose au fond qui existe vraiment et est-ce seulement le
sentiment.
[7]Saches
que l'amant n'obtient de son aimée rien qu'il apprécie, sans que cela ne
vienne d'elle volontairement! Capellanus A., op.
cit., p. 36.
[8]L'amour
encore jeune et peu sûr de lui, se fortifie à l'usage; nourris-le bien,
et, avec le temps, il deviendra solide. Ovide,
Artis Amatoriae, L'art d'aimer, traduit de Henri Bornecque,
"Les Belles Lettres", 1951, Paris, Liber II, vers 339-340 (d'après
Sabbedini, première fois publié en 1 av. J.-C.)
[9]Mais
pourquoi serais-tu repoussé, quand on trouve toujours du plaisir à une volupté
nouvelle, et que l'on est plus séduit par ce qu'on n'a pas que par ce qu'on
a? Ovide, op. cit., Liber I, vers 347-348.
[10]L'esprit du christianisme et son destin, 1932, cité dans l'article sur l'"Amour", in Enceclopodiae
Universalis.